Ces derniers jours, on parle beaucoup des enfants qui sont arrachés aux parents qui immigrent illégalement aux États-Unis.  La photo d’une petite fille en larme est devenue virale.  Bien malgré elle, cette fillette incarne aujourd’hui le drame humanitaire.

Ce n’est pas la première fois que des photos d’enfants éveillent la conscience mondiale à l’ampleur et à l’horreur de tragédies.  Je vous propose donc un retour sur 8 de ces photos.

 

« La petite fille brûlée au napalm » de Nick Ut

Le 8 juin 1972, à l’âge de 19 ans, Nick Ut, photographe pour l’agence de presse américaine Associated Press (AP), documente la Guerre du Viet-Nam.  L’armée américaine bombarde au napalm le petit village de Trang Bang.  Le photographe voit les habitants fuyant le village courir sur la route et parmi eux, une petite fille.  Elle est nue parce que ses vêtements ont brûlé et son bras est toujours en feu sous l’effet du napalm.  Ut est resté avec elle et a utilisé sa carte de presse pour la faire entrer d’urgence à l’hôpital.  En 1973, Nick Ut gagne le prix Pulitzer de la photographie d’actualité pour cette image.

 

« L’Afghane aux yeux verts » de Steve McCurry 

La photo fut prise par Steve McCurry dans un camp de réfugiés en 1984 au Pakistan suite à l’invasion de l’Afghanistan par la Russie.  La photo a été publiée pour la première fois en juin 1985 sur la couverture du National Geographic et est devenue une icône de la célèbre revue.

« Omayra Sánchez prisonnière des débris » de Frank Fournier

Le 16 novembre 1985, un volcan entre en éruption à Armero-Guayabal , en Colombie.  Le climat politique de l’époque a fait qu’il était impossible d’avoir des secours rapidement.  Frank Fournier fut donc dépêché sur les lieux pour couvrir l’événement.   Fournier s’est fait reproché de n’avoir rien fait pour sauver la fillette et d’avoir froidement photographié sa mort.  Pour la sauver, il aurait fallu des grues ou des tracteurs, lesquels n’étaient pas disponibles.  Les photographes et journalistes présents ont fait le choix de documenter le plus explicitement possible tout ce qui se passait afin que la planète soit au courant du drame.

« La fillette et le vautour » de Kevin Carter

La photo fut prise au Soudan en 1993 lors de la guerre civile et de la famine.  L’image causa une polémique car plusieurs ont accusé le photographe de n’avoir rien fait pour protéger l’enfant.

Dans les années 90’, Kevin Carter et des amis photographes de presse ont fondé le « Bang Bang Club ».  Le groupe mettait en commun leurs ressources afin de pouvoir documenter les derniers moments de l’Apartheid.  Leur histoire fut adapté au cinéma dans le film « The Bang Bang Club ».  Carter s’est suicidé à cause de problèmes personnels; certains disent qu’il ne s’est jamais remis de ce qu’il a vécu au Soudan.  Sa fameuse photo lui valut le prix Pulitzer de la meilleure photo en 1994.

« La petite yézidie aux yeux clairs » de Youssef Boudlal

La photo prise à la frontière entre la Syrie et l’Irak par Youssef Boudlal reçue le prix de la meilleure photographie de l’année 2014 par l’agence Reuters.  Malgré l’horreur de la guerre et des camps de réfugiés, la petite fille à un regard plein de détermination.  Certains ont fait un rapprochement entre cette photo et celle de la petite Afghane de McCurry…

« Le petit Aylan Kurdi » de Nilüfer Demir

   Nilüfer Demir a prise la photo sur une plage de Bodrum en Turquie le 2 septembre 2015.  La photo fut d’abord mise en ligne sur le site de l’agence Dohan News Agency (DHA).  Un internaute voit l’image et la poste avec un tweet.

La photo devient virale et bientôt l’agence Reuters et l’Agence France-Presse la reprennent à leur tour.  En seulement 24 heures, toute la planète est sensibilisée au sort des migrants qui fuient la guerre dans leurs pays.  Sous la pression de la population, les gouvernements européens annoncent diverses mesures pour accueillir les migrants.

« Omrane » de Mahmoud Rslan

Le 19 août 2016 les médias diffusent en boucle la photo du petit Omrane.  Prise dans la ville d’Alep par Mahmoud Rslan, l’enfant devient le visage de la guerre civile en Syrie.  Omrane est sain et sauf et a rejoint ses parents.

« La petite fille en pleurs » de John Moore

Prise en juin 2018 par John Moore (lauréat d’un Pulitzer), cette photo reflète la tragédie des enfants migrants arrachés des mains de leurs parents lorsqu’ils entrent illégalement aux États-Unis.  La famille fuyait le Honduras qui croule sous la violence des gangs et l’instabilité politique. 

 

P.S.:  Le titre de l’article est une référence au film « Au revoir les enfants » de Louis Malle.  Il y a eu par le passé des gens qui sont morts en protégeant les enfants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.