Aujourd’hui je vous présente un photographe dont le travail est réellement unique : Joel-Peter Witkin.          Witkin explore tout le côté inhabituel, dérangeant et morbide de l’homme.  Il recrute des personnes avec des handicaps, des nains, des hermaphrodites à titre de modèles.  Il va même jusqu’à travailler avec des corps morts ou des morceaux de corps mutilés.  Ses photos sont des mises en scène élaborées dans lesquelles on retrouve beaucoup de références à la peinture classique, à la mythologie et à la religion.

L’événement déclencheur

Witkin parle souvent d’un événement qu’il a vécu lorsqu’il était enfant.  Un accident de voiture s’est produit devant lui, l’impact fut très fort et la tête d’une fillette qui était à bord d’une des autos a roulé devant lui.  Un tel événement vécu par un enfant doit surement affecter la perception de la mort que ce dernier peut avoir.  La façon avec laquelle Witkin exploite le macabre et le grotesque fait ressortir une beauté troublante.

« de 7 »

La question des corps

Comment fait-il pour trouver des corps et des morceaux de corps à photographier ?  Il va au Mexique là où les lois qui régissent les corps non réclamés sont tellement floues que ce genre de chose devient possible.

Witkin assure traiter les corps avec le plus grand respect.  Il ne les mutile pas ni ne demande aux techniciens de la morgue de le faire.  Si la boîte crânienne est ouverte, c’est à cause de l’autopsie ou de l’accident qui a causé la mort.

The Kiss, Joel-Peter Witkin

Sur sa photo la plus célèbre, « The Kiss », on croit voir deux crânes de jumeaux qui s’embrassent.  En réalité, c’est une seule tête fendue en deux et les deux moitiés sont face-à-face.  Witkin nous jure que la tête était fendue.  Cette photo a une très grande valeur monétaire.  Lorsque la direction de l’université où il travaillait a vu la photo, elle l’obligeât à détruire les négatifs.  Par conséquent, il existe seulement une quinzaine de tirages.

 

 

 

 

Une expérience unique

J’ai eu la chance de voir le travail de Joël-Peter Witkin à New-York en mai 1995.  J’ai pu voir le travail de quelques grands photographes – Annie Leibovitz, Robert Doisneau, Robert Mapplethorpe – mais aucun d’eux ne m’a autant bouleversé que Witkin.  Je pourrais dire que face à ses tirages, j’ai eu une expérience « mystique », un syndrome de Stendhal.

Le photographe travaille avec une chambre grand format et les tirages font autour de 1m X 1,5m.  La grandeur des photos, la précision des détails, la qualité du papier et du tirages font qu’on croit pouvoir toucher au modèle.  J’ai passé l’après-midi dans la galerie à décortiquer les images de Witkin.  J’en ai eu pour au moins 3 jours à m’en remettre.  Son travail a changé ma conception de la beauté.

 

Un commentaire sur “Joel-Peter Witkin ou la beauté du macabre”

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