Je prenais un café avec un modèle après avoir passé l’après-midi à photographier à l’extérieur au froid.  Si vous n’avez jamais vu deux personnes heureuses d’entrer dans un Starbucks, vous auriez dû nous voir!

Je lui demandais où en était rendu sa carrière de modèle.  Elle m’expliquait qu’elle était dans le fameux dilemme de devoir choisir entre une job qui lui offre un bon salaire et de la sécurité ou se lancer corps et âme dans sa carrière de modèle.  Courir après son rêve veut aussi dire plonger dans l’insécurité… ouch!

Je lui ai donc fait part de ma petite histoire personnelle et maintenant je vous la raconte. J’étais à l’université en train de terminer un bac en psychologie. Seulement j’étais malheureux comme une pierre; je me rendais littéralement malade à étudier dans ce domaine.  Je photographiais aussi pour le journal de l’université et la Presse Universitaire Canadienne. Je faisais du reportage et du documentaire.

Lorsque j’ai atteint le point où la souffrance de mes études en psychologie n’était plus endurable, je me suis arrêté et j’ai fait le point sur ma situation.  J’ai réalisé que je passais plus de temps à travailler pour le journal que j’en mettais sur la psychologie.  J’ai aussi constaté que je consacrais ma vie à la photo depuis l’âge de 16 ans!  Seulement dans les collèges privés où j’ai fait mes études, on nous faisait bien comprendre que si on veut réussir sa vie, on doit aller à l’université et obtenir “au moins” une maîtrise.  Par conséquent, je n’ai jamais donné à la photographie toute la place qu’elle occupe dans ma vie.

J’ai donc fait une croix sur la psychologie et j’ai sauté dans le vide: adieu l’université!  Le lendemain j’allais déposer ma demande d’admission au Dawson Institute of Photography.  J’ai été accepté et les 3 années qui ont suivies furent sûrement les plus belles de ma vie!  Un petit miracle s’est produit: le fun que j’avais à être dans la photo à longueur de journée m’a donné la force de faire les choses que j’avais peur de faire ou peur de ne pas pouvoir réussir.

Je n’ai jamais été riche, j’ai mené une vie de bohème (et ça continu, je ne m’en plains pas!), la Vie m’a jeté au visage plus souvent qu’autrement des vacheries mais… j’ai toujours fait de la photo.  Même que ma caméra m’a permis de passer au travers des vacheries!

J’ai donc expliqué tout ça à *****.  J’imagine qu’en ce moment elle doit se triturer l’esprit pour savoir si elle continue dans une routine emmerdante ou si elle plonge dans son rêve de modeling.  Elle connaît déjà la bonne réponse.  Le seul hic est d’affronter l’inconnu

Le monde du modeling est très difficile. Les agences de modèles au Québec semblent avoir des critères de sélection plutôt irréalistes.  Croiriez-vous que plusieurs des modèles avec qui j’ai travaillées (allez voir mon portfolio) ont été refusées par les agences?  La fille est grosse comme un fil mais elle est “trop grosse”, il lui manque 2 cm pour correspondre à ce que cherchent les clients ou elle est trop vieille… à 25 ans!  J’aimerais savoir qui sont les “clients” des agences.  Des vieux cochons qui cherchent des filles prépubères anorexiques?

Je dis donc aux modèles de se tourner vers le web et les réseaux sociaux si les agences ne veulent pas d’elles. Les plateformes numériques permettent à tout le monde de “vendre sa salade” en étant affranchi des diktats débiles de l’industrie.  La population est beaucoup plus intelligente qu’on ne le crois.  À la lumière de ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, on peut croire que les gens ont un QI de 10 mais ce n’est pas vrai.  Les gens sont capables de voir ce qui est réellement beau, ce qui fait du sens, ce qui est sain… la plupart du temps.  La preuve est qu’aujourd’hui beaucoup d’influenceuses dans des domaines tournant autour de la mode n’ont pas le profil des agences de modèle.  Devinez pourquoi les gens les aiment?  Parce qu’elles sont “vraies”, parce qu’ils peuvent se reconnaître dans le look, le style et la vie de l’influenceuse.  Bon ok, soyons honnêtes: très souvent le “vrai” est soigneusement mis en scène…  Le point sur lequel j’insiste ici est qu’elles ne correspondent pas aux critères des agences et leur “business” fonctionne très bien!

Chère ****, si tu lis ceci, sache que tu peux très bien réussir ta carrière de modèle même si les agences ne veulent rien savoir de toi.  Personnellement je ne te vois pas dans une agence en train de “poser”, en train de “défiler”, en train d’être une patère qui présente des produits.  Tu es trop belle quand tu fais la folle devant la caméra et la réaction des gens face aux photos me dit qu’on partage mon opinion.  Tu es trop pleine de vie et d’énergie pour être figée dans une publicité ou sur une passerelle.  Lance toi dans le modeling et fais-le à ta façon.

En ce début d’année, je voudrais inviter les gens à donner une vraie chance à leur rêve, se donner la chance d’être heureux.

Un commentaire sur “Courir après son rêve et être heureux”

  • J ai assisté avec beaucoup d étonnement
    Et de joie. A ton cours hier

    Comme je te disais. J aimerais que tu puisses
    Enregistrer.
    Comme je suis avec. Apple c est quick time player
    Merci

    Ton histoire ressemble. A la mienne
    J étais professeur suppléant
    Et je faisais delà rénovation
    Alors il m est venu le gout
    De faire de la photo
    J ai acheté une NIkon usagee ( elle était comme neuve)
    Et je suis allé au Vietnam 70 jours
    L année ensuite au Pérou
    C est un terrain d apprentissage fabuleux pour
    Apprendre la photo
    J ai encore beaucoup à apprendre
    Avec Lightroom
    Tu peux regarder mes photos
    francisbabin/flickr.com
    514 490 0512

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